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Environnement

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MessageSujet: Re: Environnement Environnement - Page 2 2110Ven 27 Jan - 10:12

Un oasis sous la mer aux propriétés alléchantes

La découverte de nouvelles espèces

Nous n'avons découvert, pour l'instant, que 5% de la biodiversité des profondeurs, traduisant un taux d'endémisme très élevé. Bien que la biomasse des abysses ne représente pas plus d'1g/m2 (contre 5 kg/m2 en surface), une quarantaine de nouvelles espèces sont recensées toutes les semaines ! Sans oublier que 50 à 90% des spécimens remontés dans les filets des expéditions scientifiques sont encore non répertoriés. Suivant les estimations, il resterait encore 10 à 30 millions d'espèces à découvrir...Et le malheur reste la destruction de certaines avant même d'être connues.
L'exploitation des poissons des grands fonds

Les poissons pêchés par l'intermédiaire de filets surdimensionnés ne servent pas à nourrir des milliers de personnes qui en auraient besoin mais alimentent plutôt un marché de luxe très étroit. Pour renouveler le marché du poisson, les pêcheurs high-tech ont déniché dans les profondeurs de nouvelles espèces de poissons et crustacés tel que le grenadier, l'empereur ou encore le sabre noir. Cependant, ces espèces sont généralement matures tardivement (50 ans) pour une durée de vie de 100 ans : le cycle de reproduction est donc trop long face à l'exploitation importante des stocks qui ne peuvent se renouveler. Une pêche excessive de ce type de poissons entraînera irréversiblement une disparition des espèces concernées.

Remarque : Il est important de prendre en compte que cette méthode de pêche en grand fond n'est rendue possible que par des subventions massives, de l'ordre de 152 millions de dollars par an, sans lesquelles elle ne serait pas viable.

De véritables mines

Les sources hydrothermales sont l'équivalent des mines au niveau terrestre. Outre leur importance du point de vue écologique, elles offrent en quantité des minerais tels que le cuivre, le zinc, le plomb, l'argent ou encore l'or. A cette richesse, s'ajoute la présence d'hydrocarbures révélée par des forages qui arrivent à temps face à une crise et une perspective d'épuisement des stocks. Quoi de plus alléchant surtout quand la technologie avance et montre de jour en jour les capacités d'exploration de ces zones lointaines !

Une zone non réglementée

Le plus souvent, les fonds abyssaux situés hors des zones économiques des états côtiers, n'appartiennent à personne : ils constituent ce qu'il convient d'appeler le « Patrimoine commun de l'humanité » qu'il est nécessaire de protéger pour les générations futures.
La convention de l'ONU sur les Droits de la Mer (1982) qui définit les principes généraux de l'exploitation des ressources de la mer, est pleine de bonnes intentions. Cependant, d'autres mesures concernant la gestion des pêcheries en eaux internationales sont nécessaires pour palier l'exploitation anarchique des grands fonds. En effet, le chalutage n'est pas réglementé dans le secteur de la haute mer.
Les organismes ayant le pouvoir de contrôler cette pêche sont rares à avoir pris des mesures de réglementation pour protéger ces habitats fragiles. Citons tout de même des mesures de réglementation efficace telle que la Commission des Pêches de l'Atlantique Nord-Est et la Convention sur la Conservation de la Faune et la Flore marines de l'Antarctique qui précises l'existence de zones d'interdiction au chalutage et aux engins de pêche statiques.

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Invité Environnement - Page 2 Vide
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MessageSujet: Re: Environnement Environnement - Page 2 2110Ven 27 Jan - 10:15

Les abysses : les menaces et les pressions

Les menaces qui pèsent sur cet écosystème rare

La chaîne de production biologique en surface a un impact direct sur la vie des profondeurs, ce qui sous entend que ce monde abyssal n'est pas à l'abri de dégradations. Tout comme les autres écosystèmes marins (littoraux, récifs...), les abysses sont aujourd'hui menacées par l'exploitation humaine et en particulier par la pêche la plus dévastatrice du moment : le chalutage des grands fonds. Ce phénomène serait comparable par certain au massacre de la forêt amazonienne. En effet, les progrès technologiques pour sonder les fonds marins ont ouvert la porte vers des oasis foisonnantes de vie jusque là inconnues et inexploitées.

Greenpeace International a lancé un appel en 2006, en suggérant qu' « un moratoire interdisant temporairement le chalutage de fond en haute mer permettrait à la communauté scientifique de bénéficier d'assez de temps pour évaluer la biodiversité de ces zones et donnerait aux gouvernements l'occasion de mettre en place des mesures permettant de réguler efficacement, et à long terme, leur protection ». Onze pays possèdent une flotte de chalutiers de fond (Danemark, Islande, Espagne...), mais ces bateaux ne représentent qu'une toute petite partie de l'ensemble des flottes opérant en haute mer. Le problème étant les dommages disproportionnés que ces navires font sur le milieu marin par rapport au nombre de navires impliqués dans ce type de pêche. Des mesures ont été prises et certaines nations se sont engagées à instaurer des zones interdites aux chalutiers, mais c'est encore trop rare et des progrès peuvent être réalisés.

Les autres menaces

Outre la pêche, d'autres menaces planent sur les abysses :

- l'enfouissement des déchets toxiques et radioactifs.
- l'extraction minière (nodules de manganèse dans le Pacifique...).
- les projets d'enfouir au fond des mers le CO2 rejeté par les usines pour faire face au réchauffement climatique.
- L'exploitation du sable et de sédiments d'opale de l'océan austral (50% du gisement global de l'océan mondial).
- Les projets d'études foisonnent et utilisent une technologie impressionnante. Un objectif : le profit, qui est aujourd'hui l'ennemi numéro un des abysses.

Les enjeux de conservation des abysses

Malgré l'hostilité et le mystère qui entourent les grands fonds marins, des études ont tout de même révélé la richesse de ces écosystèmes « extraordinaires », en particulier au niveau du potentiel pharmacologique et biochimique. Ils sont considérés comme les écosystèmes les plus importants pour les cycles du carbone, de l'azote et du phosphore, pour la production de biomasse, de molécules d'intérêt thérapeutique (enzymes, antibiotiques, substances anticancéreuses...), de pétroles, d'hydrocarbures et de minéraux. Ces propriétés ont rapidement été étudiées dans le but d'en tirer profit : l'utilisation de bactéries des fumeurs noirs pourrait résoudre des problèmes de pollution aux hydrocarbures en zone côtière, l'étude des processus de sédimentation à grande échelle pourrait être exploitée...

Les enjeux de protection des abysses ne sont plus à démontrer aujourd'hui dans la mesure où ces écosystèmes marins participent pleinement à la régulation du climat de la planète (courants marins nutritifs de fond, eaux chaudes des fumeurs noirs...) et à la régénération des nutriments. De plus, les ressources naturelles disponibles (minerais, hydrocarbures...) ayant une forte valeur économique, les pressions d'exploitations et les méthodes intensives associées causeront des dégâts irréversibles si ces activités ne sont pas rapidement contrôlées.

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AnonymousInvité Environnement - Page 2 Vide
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MessageSujet: Re: Environnement Environnement - Page 2 2110Ven 27 Jan - 10:18

La dégradation des ressources marines

Environnement - Page 2 Requin10

Les océans (étendue d'eau salée ininterrompue) et les mers, de par leur immensité, sont traditionnellement considérés comme une source de richesses inépuisable, jouant également un rôle majeur dans notre vie sociale et culturelle. Il existe plusieurs types de ressources marines disponibles : les fonds marins non biotiques tels que les minéraux, gaz ou encore hydrates et les ressources biotiques (tout ce qui est vivant), comme les poissons, algues ou coquillages. L'exploitation de ces ressources est alors limitée par le niveau de développement technologique et la force des éléments naturels.

Aujourd'hui, les progrès technologiques et l’accroissement des populations côtières sont des pressions supplémentaires sur les ressources naturelles disponibles, en particulier dans les domaines de la pêche, du transport, de la navigation récréative et de l’exploitation du pétrole et du gaz.

Dans ce dossier, nous nous attarderons d'avantage sur la dégradation des ressources halieutiques (liées à l'activité de pêche) au niveau mondial, sur ses conséquences sur l'environnement naturel, sur l'environnement socio-économique et sur les stocks de poissons (sans oublier que les ressources non biotiques sont également victimes d'une surexploitation).

Le droit maritime et les ressources marines

Les écosystèmes, les poissons et les pollutions, ne se conforment pas aux frontières administratives. C'est pourquoi la qualité des stocks de poissons dépend non seulement de la manière dont les pays réglementent la pêche dans leurs propres eaux, mais aussi des activités menées au-delà de leurs frontières. Les efforts mis en place par un pays en terme de conservation s'avèrent inutiles s'ils ne sont pas appuyés par des mesures coopératives à l'échelle mondiale.

Le Droit de la Mer : un outil confronté à la réalité de terrain

L'Océan mondial a une superficie de 361 220 420 km2, soit 70,8% de la surface du globe. Les frontières administratives existent sur terre comme en mer. C'est pourquoi les problèmes doivent être traités à l'échelle internationale.

Le droit maritime possède un certain nombre d'instruments internationaux, exécutifs ou non, en rapport avec la gestion des pêcheries : cela va de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (1982) au plan d'action du Sommet mondial sur le développement durable (2002), en passant par des textes de l'ONU et de la FAO.
Cependant, la réalité est beaucoup plus compliquée que la théorie du fait des différences culturelles entre les pays concernés. Les pressions politiques et économiques sont importantes pour protéger les intérêts et les règles s'avèrent difficiles à respecter sur le terrain. Néanmoins, l'existence de textes du droit de la mer international est une avancée même si l'application de certains est encore tributaire de la ratification d'accords ou de moratoires. L'évolution du droit de la mer est alors à suivre de près dans les années à venir, car sa progression est prometteuse.
Pour plus de renseignements sur les lois internationales qui régissent les pêcheries : l'Internet Guide to International Fisheries Law.

La problématique des zones côtières

Les zones côtières sont des écosystèmes particuliers, générant une concurrence accrue et des conflits en matière d’espace. Toute activité a une incidence sur les autres : de la construction d'un port au mouillage de cages à poissons, ou encore l’installation de parcs éoliens, la moindre faille peut avoir des conséquences directes ou indirectes sur les ressources halieutiques. L'exemple des nourriceries de poissons victimes de la mauvaise qualité de l’eau aux alentours est évident. D'où l'intérêt d'une approche intégrée des activités maritimes pour prendre en considération tous les éléments potentiellement perturbateurs.

Les eaux internationales

Ces espaces échappent à l'emprise de toute souveraineté et sont ouverts à toute circulation libre. Le plus souvent, les activités sont pacifiques mais des forages au large ou des accidents maritimes, en particulier dans le cas des pétroliers, peuvent polluer la mer ou les côtes et affecter la faune et la flore irréversiblement. En ce qui concerne l'exploitation des ressources, cette zone commençant au delà des 200 milles nautiques, possède une liberté de pêche. Une légère réglementation a toutefois été mise en place pour défendre un intérêt commun (commission internationale pour gérer les stocks) mais avec une contrainte d'une commission par mer ou océan pour faire face aux problèmes des bancs de poissons migrateurs chevauchant les zones.

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MessageSujet: Re: Environnement Environnement - Page 2 2110Ven 27 Jan - 10:23

La dégradation des ressources marines : la surpêche


Les différents types de pêche, leurs conséquences sur l'environnement et sur le stock de poissons
Environnement - Page 2 Mer10

La problématique des prises accessoires

Environnement - Page 2 Filet_10
Plongeur libérant un poisson-lune pris dans un filet dérivant

D'après les estimations, la collecte d'espèces non visées représenterait environ le quart des captures mondiales de poissons. Ces espèces regroupent celles qui sont attrapées accidentellement mais non désirées ou qui doivent être rejetées conformément à la réglementation. Il peut s'agir d'espèces protégées, par exemple de mammifères marins, ou d'espèces menacées de disparition, de juvéniles trop petits pour être commercialisés ou d'autres espèces de poissons sans intérêt pour les pêcheurs, que ce soit sur le plan commercial ou sur celui des loisirs. Les espèces pêchées accidentellement sont en général rejetées, souvent mortes, en mer ou sur les côtes. Diverses techniques de pêche sont alors responsables de la capture indifférenciée de poissons, d'où les prises accessoires d'espèces.

Pour certaines espèces marines, telles les tortues de mer, une loi les protège. C'est pourquoi leur capture accessoire dans le cadre d'opérations de pêche industrielle, doit être ramenée à un niveau qui ne risque pas de compromettre leur survie. Dans cette optique, des mesures ont été prises. Prenons l'exemple des pêcheurs de crevettes aux États-Unis. Ils sont tenus d'équiper leurs filets de dispositifs d'exclusion des tortues, leur faisant perdre entre 5 % et 20 % de leurs crustacés. En effet, ces derniers passent à travers le trou aménagé. En ce qui concerne la pêche à l'espadon, les zones productives étant en interactions avec les zones de vie des tortues de mer, celles-ci sont donc interdites d'accès aux pêcheurs. Quant aux mammifères marins, ils sont protégés par une loi spéciale qui fixe la capture accidentelle de ces animaux par les pêcheurs industriels à un niveau proche de zéro, indépendamment du degré d'extinction de cette population.

Les pêches illicites

La pêche non répertoriée et non réglementée est un problème qui ne préoccupait pas les gouvernements tant que le poisson abondait. Aujourd'hui, des quotas de pêche ont été instaurés pour renouveler les stocks de poisson sans imaginer que cela encouragerait les navires à pratiquer de plus en plus la pêche illicite. La plupart des poissons pêchés illégalement viennent des eaux de pays en voie de développement trop pauvres pour disposer de moyens de contrôle efficaces de leurs zones et de leurs navires, d'où un problème économique et d'accès à la nourriture des populations côtières. De plus, les bateaux pratiquant la pêche illicite ne se conforment pas aux quotas de pêches prévus pour les différentes espèces qui vivent dans leurs zones de pêche. Il y a donc un risque important de surexploitation, en particulier sur les juvéniles (tailles des prises non respectées), et donc de disparition de certains stocks à très court terme (1-2 ans). La perte est estimée à 2,4 milliards d'euros (M.H Aubert, 2007), à laquelle s'ajoutent les conséquences écologiques irréversibles.

Les lobby internationaux

Les subventions mondiales pour le secteur de la pêche avoisinent les 34 milliards de dollars par an, principalement destinées au Japon avec 5,3 milliards de dollars par an, à l'UE avec 3,3 milliards de dollars et à la Chine avec 3,1 milliards de dollars. Selon certaines associations écologistes telles que WWF, ces subventions encourageant la surpêche devraient être interdites. En effet, ces subventions destinées à accroître les capacités de pêche, à travers l'achat de navires, de carburant ou d'équipements de pêche, sont estimées à 20 milliards de dollars par an à l'échelle mondiale et favorisent donc la surexploitation. Elles entretiennent également la puissance des États Unis et du Japon face aux autres nations moins équipées.

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MessageSujet: Re: Environnement Environnement - Page 2 2110Ven 27 Jan - 10:28

La dégradation des ressources marines : les conséquences

Les conséquences de la surexploitation

Environnement - Page 2 Poisso13

Elles sont malheureusement nombreuses et souvent irréversibles. La surexploitation des ressources halieutiques est, dans un premier temps, un risque majeur de réduction des stocks d'espèces, visées ou non, et de destruction par effet indirect de l'écosystème marin. La pêche excessive, associée à la mauvaise gestion des pêcheries, fait perdre des milliards de dollars par an à cette branche d'activité, ajoutés aux subventions accordées aux grandes flottes de pêche.

Elle peut entraîner la disparition des poissons les plus gros et les plus âgés d'une population ou d'un stock. Ces populations se caractériseront alors par la présence de poissons moins productifs et plus petits (indicateur du déclin des stocks). La surexploitation peut avoir également une incidence négative sur l'écosystème (l'équilibre écologique). Attaquer un maillon de la chaîne alimentaire revient à perturber un écosystème dans sa totalité. Si l'on surexploite les grands prédateurs (requins, thonidés, marlin...), les stocks de poissons proies (rang inférieur) ne seront pas régulés et un déséquilibre se mettra en place. Et inversement, si on surexploite les poissons servant de nourriture aux grands prédateurs, ceux-ci vont disparaître par faute de repas. L'exemple du déclin des otaries de Steller, en Alaska est significatif. Il a été en partie attribué à la surexploitation de leurs principales sources d'alimentation, en l'occurrence le lieu, le cabillaud et le maquereau. En ce qui concerne les écosystèmes récifaux, ils sont eux aussi victimes étant indirectement compromis par la pêche excessive. Lorsque les poissons herbivores disparaissent des récifs de corail, les algues qui coexistent avec les coraux se multiplient et risquent d'envahir les récifs, en particulier si les eaux ont une forte teneur en azote. Comme elles bloquent souvent la lumière, elles contribuent à la destruction de ces colonies. Certains types de pêche sont très destructeurs pour les récifs (dynamite...), d'autant plus quand l'activité est déplacée, entraînant un report de l'effort sur d'autres zones plus vulnérables.

L'exemple du Thon rouge

La Commission européenne vient de décider d'arrêter la pêche au thon rouge de l'Atlantique Est et de la Méditerranée pour la saison 2007. D'après les relevés de capture, le quota de 16 779,5 tonnes attribué à l'Union Européenne pour 2007 est épuisé. La surexploitation de cette espèce auparavant abondante a mis en oeuvre des moyens surnaturels : l'utilisation d'avions permettant de localiser les bancs de thon rouge, en dehors des périodes de captures autorisées, a été dénoncé. Les pratiques douteuses des fermes à thon qui consistent, selon le Fond Mondial pour la Nature, à engraisser les thons sauvages, afin de permettre leur prise avant l'âge de la maturité, n'ont pas été épargnées. De telles pratiques empêcheraient la reproduction de l'espèce et entraîneraient donc sa disparition.

L'exemple du cabillaud

Le cabillaud, tout comme le thon, est victime d'une surexploitation motivée par une demande excessive des consommateurs. Poisson pauvre en arête et à chair ferme, il est surconsommé au détriment d'autres espèces moins menacées écologiquement et à valeur gustative comparable.
En octobre 2002, une commission scientifique internationale à caractère consultatif recommanda la cessation de la pêche au cabillaud en mer du Nord, en mer d'Irlande et à l'ouest de l'Ecosse. Aujourd'hui, les quotas de pêche sont régulièrement remis en question et les prises surveillées. Un plan de lutte contre la pêche accessoire des gabarits trop petits est en réflexion.

Bilan actuel et perspectives pour l'avenir

Environnement - Page 2 Poisso14

L'homme utilise la mer pour se nourrir, communiquer et plus récemment, y déverser ses déchets. Il est indéniable qu'à l'heure actuelle, les océans sont en danger et qu'ils ne sont plus aptes à produire indéfiniment des ressources halieutiques. Dans cette optique, il est donc urgent de trouver des alternatives qui mettront tout le monde d'accord, aussi bien les pêcheurs que les environnementalistes. L'objectif pourrait être de freiner la surexploitation et de gérer les ressources halieutiques durablement, pour que les pêcheries deviennent plus productives, que le coût à l'unité de la capture des poissons diminue et que le volume des prises augmente.
Pour l'atteindre, des actions concrètes doivent être menées notamment au niveau de l'amélioration de la connaissance et le suivi des ressources, en favorisant la communication entre les scientifiques et les professionnels. Le développement d'une gestion de la pêche à l'échelle internationale ainsi qu'un soutien des initiatives innovantes en terme de promotion de nouvelles techniques de pêche plus sélectives sont aussi nécessaires. Ces perspectives passent obligatoirement par de nouvelles méthodes de gestion des ressources halieutiques à travers une approche écosystémique des pêcheries, une amélioration du système global de commercialisation (élevage et vente) et une aide aux pays en voie de développement.

L'aquaculture, une alternative controversée

L'aquaculture est une méthode pratiquée depuis des milliers d'années mais connaissant un essor considérable depuis quelques décennies, notamment dans les zones humides continentales et côtières. Sa production est orientée essentiellement vers les poissons mais aussi vers les mollusques (huîtres, moules...), les échinodermes (oursins...), les crustacés (crabes, crevettes...) et les plantes aquatiques.
La production peut être issue de l'élevage ou d'une capture en milieu naturel. Cette alternative semble en théorie être la bonne solution pour remédier à la destruction des stocks de poissons. Cependant, la réalité est tout autre quand les pressions de production dépassent la valeur écologique de la méthode. Les conséquences se retrouvent au niveau de la disparition de certaines zones humides où l'on a installé des bassins d'élevage, au niveau de l'utilisation de poissons sauvages comme reproducteurs et de l'introduction d'espèces étrangères dans les zones humides. Le principal problème reste tout de même la pollution des habitats locaux par les déchets alimentaires et chimiques issus de l'activité aquacole en amont.

Conclusion

De toute évidence, la surexploitation des ressources halieutiques comporte des coûts tant pour l'économie que pour l'environnement. Le fait d'y mettre fin et de donner aux stocks le temps de se renouveler permettrait d'accroître la productivité et de maximiser les recettes dans la durée pour ce secteur. Une telle action s'impose pour stabiliser aussi bien les ressources halieutiques que le secteur de la pêche. D'un autre côté, il est important de réfléchir aux alternatives et mesures compensatoires en considérant toutes les composantes (environnementale, socio-économique, politique, culturelle...) afin de trouver « la » solution durable et efficace.

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AnonymousInvité Environnement - Page 2 Vide
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MessageSujet: Re: Environnement Environnement - Page 2 2110Ven 27 Jan - 10:54

Le trou dans la couche d'ozone : présentation

Découvreurs

Léon TEISSENREC de BORT met en évidence en 1902 le rôle de la couche d'ozone qui absorbe le rayonnement solaire (en fait les ultraviolets).
En 1974 deux scientifiques américains : Mario MOLINA et F. SHERWOOD ROWLAND formulent pour la première fois la théorie de l'appauvrissement de la couche d'ozone sous l'impact des ChloroFluoroCarbones (CFC), composés chimiques apparus en 1938. Et, J. FARMAN du British Antarctica Survey (BAS) annonce en 1985 qu'un "trou" temporaire mais important (jusqu'à 50% de pertes) apparait chaque printemps dans la couche d'ozone au dessus de l'Antarctique depuis 1979 et se résorbe au début de l'automne.

Environnement - Page 2 Ozone_10
Evolution du "trou" dans la couche d'ozone depuis 1979. On constate que sa taille a augmenté régulièrement.

Qu'est-ce que l'ozone ?

L'ozone (O3) est une forme chimique particulière de l'oxygène, très instable et réactive.
L'ozone est notamment généré par le bombardement de la molécule oxygène stable O2 par les utraviolets (UV). Condition indispensable : la présence d'oxygène qui a été produit en grande quantité avec la multiplication de micro-organismes photosynthétiques au Précambrien.

La couche d'ozone représente schématiquement la partie de l'atmosphère où sa concentration est la plus élevée. Ainsi, l'ozone est davantage présent à une distance du sol comprise entre 15 et 40 km (plus fortement vers 35 km) avec une concentration voisine de 8 ppmv (parties par million en volume), dans la couche appelée stratosphère. D'où l'appelation d'ozone stratosphérique à ne pas confondre avec l'ozone troposphérique induit en grande partie par la circulation automobile et qui irrite notamment les yeux et les voies respiratoires.
A cette altitude, la teneur en ozone résulte d'un équilibre entre formation et destruction sous la dépendance de l'activité solaire, de la température, de la présence d'autres substances chimiques.
En absorbant ensuite les UV, l'ozone contribue à réchauffer la statosphère. la formation de l'ozone est plus importante au dessus des tropiques puis gagne les pôles via la circulation des masses d'air. Cependant, il accuse une faible concentration de quelques parties par million au plus.

On parle de "trou" dans la couche d'ozone lorsque la valeur de la colonne intégrée en ozone est inférieure à 220 unités Dobson (la valeur normale étant 300 unités Dobson environ). Les unités Dobson expriment la totalité de l'ozone dans une colone qui part du sol et traverse toute l'atmosphère.


Le danger des rayons ultraviolets

La couche d'ozone est essentielle à la vie sur terre car elle la protège des rayonnements ultraviolets nocifs émis par le soleil. En effet, les UV dont la longueur d'onde est inférieure à 0,4 µm sont absorbés par l'ozone entre 0,24 et 0,3 µm.

Il existe différents types de rayons UV regroupés en trois grandes classes : les rayons UV-C, les rayons UV-B et les rayons UV-A.
L'impact des UV sur les organismes vivants dépend de la longue longueur d'onde de ces rayons : plus cette longueur d'onde est courte, plus le danger est grand. Les rayons UV-C sont ainsi les plus dangereux de la gamme. Heureusement, ils sont arrêtés presque en totalité par la couche d'ozone. Or, cette couche protectrice s'est amincie dangereusement, particulièrement à une altitude comprise entre 14 et 20km.

Le 15 mars 1988, la NASA diffuse un rapport mené par une centaine de chercheurs dans le monde : la concentration en ozone stratosphérique a diminué en moyenne de 1,7 à 3% dans l'hémisphère nord entre 1969 et 1986 malgré les variations naturelles constatées de 15 à 20%. De surcroît, le rayonnement moyen mondial des UV-B au niveau de la surface terrestre s'est élevé de 10 % entre 1986 et 1996.
La dégradation de la couche d'ozone implique une moindre filtration des rayons ultraviolets les plus nocifs et une élévation des risques pour la vie terrestre :

- brûlures superficielles, conjonctivites, cataractes
- augmentation des cancers et viellissement de la peau
- maladies du système immunitaire
- réduction de la photosynthèse : diminution des rendements et de la qualité des cultures, disparition du plancton, premier maillon des chaînes alimentaires aquatiques...

De plus, les UV-B :

- accélèrent la génération du smog photochimique, stimulant ainsi la production de l'ozone troposphérique qui est nocif
- diminuent "la durée de vie" de certains matériaux inorganiques comme les peintures et plastiques.

Pour exemple, à Punta Arenas, au sud du Chili, la quantité d'ozone diminue de 30 à 50% durant le printemps Austral (notre automne au pôle Nord), obligeant les habitants à se protéger la peau.

Le "trou" dans la couche d'ozone au dessus des pôles

"En Antarctique, le "trou d'ozone" (qui correspond à une destruction de plus de la moitié du contenu total d'ozone au printemps) est un phénomène récurrent en raison des températures extrêmement basses dans la stratosphère chaque hiver.
En Arctique en revanche, les températures hivernales sont en moyenne plus élevées qu'au pôle Sud et les conditions météorologiques varient beaucoup d'une année à l'autre. Les conditions ne sont donc pas toujours réunies pour qu'une diminution importante d'ozone y soit observée".(INSU, 04/2011)

Évolution du "trou" d'ozone en Antarctique

Environnement - Page 2 Ozone_12

Les données pour l'Europe montrent des baisses de 5,4% par décennie depuis les années 80 en hiver et au printemps, avec une tendance à l'amélioration sur la période 1995-2000.

En 2000, 2001 et 2003, le trou dans la couche d'ozone a atteint une superficie jamais observée avant 2000, alors que celui de 2002 était le plus petit qui ait été observé depuis 1998. En effet, à la fin de l'été 2003, le trou a de nouveau atteint un record de superficie... Pour diminuer rapidement durant le mois d'octobre.

Selon l'Organisation Météorologique Mondiale ces "fluctuations aussi marquées sont dues aux variations interannuelles des conditions météorologiques régnant dans la stratosphère et non à la quantité totale de susbstances destructrices d'ozone dans cette couche de l'atmosphère." (OMM, 2004)

Environnement - Page 2 Meteor10
Evolution de l'étendue du "trou dans la couche d'ozone" au-dessus du pôle Sud, en millions de km2 et en unités Dobson

En Antarctique, le trou dans la couche d'ozone est un phénomène annuel qui survient en hiver et au printemps à cause des températures extrêmement basses qui règnent dans la stratosphère et de la présence de substances nocives pour l'ozone (OMM, 2011).

Évolution du "trou" d'ozone en Arctique

D'ordinaire, on parle de "trou dans la couche d'ozone" pour l'Antarctique. Effet, au pôle sud, la perte d'ozone est un phénomène récurrent en raison des températures extrêmement basses qui règnent dans la stratosphère chaque hiver.
En Arctique (pôle nord), les températures hivernales sont en moyenne plus élevées qu'au pôle Sud et les conditions météorologiques varient beaucoup d'une année à l'autre. Les conditions ne sont donc pas toujours réunies pour qu'une diminution importante d'ozone y soit observée. Toutefois, une étude publiée dans la revue Nature souligne que les trous d'ozone dans l'Arctique sont possibles même avec des températures beaucoup plus douces que celles de l'Antarctique.

Début 2011, pour la première fois dans l'histoire des relevés, un trou comparable à celui observé annuellement au dessus de l'Antarctique, s'est formé au dessus des régions boréales. Au plus fort du phénomène, la perte d'ozone a dépassé 80% à plus de 18-20 km d'altitude. D'une taille d'environ 2 millions de km², ce trou, d'une taille inégalée, s'est déplacé durant une quinzaine de jours au-dessus de l'Europe de l'Est, de la Russie et de la Mongolie, exposant parfois les populations à des niveaux élevés de rayonnements ultraviolets, selon les chercheurs.

Environnement - Page 2 Lay_mu10
Diminution du contenu total d'ozone en Arctique chaque année depuis 1994 estimé à partir des mesures du réseau SAOZ.

Source
AnonymousInvité Environnement - Page 2 Vide
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MessageSujet: Re: Environnement Environnement - Page 2 2110Ven 27 Jan - 11:04

Les causes de l'amincissement de la couche d'ozone

Suite aux travaux de l'expédition scientifique de 1986 en Antarctique, Susan SALOMON puis James ANDERSON démontrent que les teneurs en chlore sont nettement supérieures aux "normales" dans les régions les plus affectées par la disparition de l'ozone.
Paul CRUTZEN, Mario MOLINAS et Frank SHERWOOD établissent ensuite que les responsables sont des molécules chimiques produites par l'homme : les ChloroFluoroCarbones (CFC) et les halons.
Ces composés très stables montent lentement vers la stratosphère où ils catalysent la destruction de l'ozone. En effet, au contact des UV, ces gaz libèrent leur chlore par photolyse. De plus, les cristaux de glace présents dans les nuages d'altitude transforment les composés chlorés de l'atmosphère en chlore actif susceptible de détruire l'ozone.

"La destruction de l'ozone stratosphérique se produit dans les régions polaires lorsque les températures descendent en dessous de -80 °C. À ces températures des nuages se forment dans la basse stratosphère au sein desquels des réactions chimiques transforment des composés issus des halocarbures - et inoffensifs vis-à-vis de l'ozone - en composés actifs. Ces processus conduisent à une destruction rapide de l'ozone au retour de la lumière solaire au-dessus du pôle". (INSU, 04/2011).

Comme ces molécules chimiques introduites par les activités humaines persistent longtemps, leur action n'est neutralisée qu'après des dizaines d'années En effet, une molécule de CFC met environ 25 ans avant d'atteindre la stratosphère. Leur concentration ne diminuera que très lentement même lorsqu'ils seront bannis de toute utilisation et production.


Les composés chimiques responsables

Les ChloroFluoroCarbones (CFC) sont des molécules composées de carbone, de fluor et de chlore.
Ces molécules furent utilisées (notamment en remplacement d'hydrocarbures inflammables) car elles restent très stables et ne présentent donc aucune toxicité chimique pour l'homme. Leurs propriétés physico-chimiques très intéressantes expliquent pourquoi on les a utilisées très largement dans un grand nombre de processus industriels et de produits de consommation :

- liquide de refroidissement dans les systèmes frigorifiques (domestiques, industriels et commerciaux) et les conditionnements d'air
- solvant et gaz propulseur dans les aérosols
- solvant pour le nettoyage d'appareils mécaniques et électroniques
- agent gonflant pour la production de mousses plastiques
- Les halons, contenant du brome, ont été utilisés notamment comme produits extincteurs dans la lutte contre les incendies

A ces deux catégories de composés sont venues s'ajouter d'autres substances, également impliquées dans la dégradation de la couche d'ozone :

- des solvants chlorés : le trichloréthane et le tétrachlorure de carbone
- le bromure de méthyle, un pesticide utilisé en horticulture. Son utilisation à des fins de quarantaine et de traitement avant expédition est encore autorisée en Europe afin de garantir l'absence d'organismes nuisibles dans les cultures commerciales, dans la mesure où des solutions de remplacement pour cette utilisation spécifique tardent à être développées (Commission européenne, 07/2005)
- les HCFC, HydroChloroFluoroCarbones et les HFC, HydroFluoroCarbones développés par l'industrie pour remplacer les CFC dans la plupart de leurs applications. Ils contiennent de l'hydrogène, ce qui provoque leur dégradation plus rapide dans la haute atmosphère. Ils attaquent la couche d'ozone mais moins longtemps que les CFC. Par contre, ils contribuent à accroître "l'effet de serre", un autre problème écologique très préoccupant.

En se décomposant sous l'action de la lumière, ces composés libèrent le chlore qui casse alors les molécules d'ozone.
L'atome de chlore avec une durée de vie pouvant atteindre la centaine d'années, détruira plusieurs milliers de molécules d'ozone avant de disparaître.

Des facteurs naturels sont également à l'origine de l'appauvrissement de la concentration en ozone :

- le cycle des tâches solaires (11 ans) influe de 1 à 2 % entre le maximum et le minimum d'un cycle typique
- les émissions volcaniques d'aérosols de sulfate (Ex. juin 1991, l'éruption du mont Pinatubo aux Philippines)
- la vapeur d'eau contribue également à la destruction de l'ozone stratosphérique via les nuages (A. NICOLAS, 2004)

Cependant, mis à part quelques émissions volcaniques exceptionnelles, les facteurs naturels influent peu sur les changements de la couche d'ozone.

Les réponses et les solutions

Face à ce phénomène global et d'une extrême gravité, les pays industrialisés ont adopté un traité international : le protocole de Montréal le 16 septembre 1987 qui fait suite à la Convention de Vienne de mars 1985. Ce premier prévoyait de réduire la production de CFC de moitié pour l'an 2000 et est entré en vigueur en 1989.

Cependant, avec l'urgence du problème, il est décidé en 1990, avec l'amendement de Londres puis celui de Copenhague en 1992, l'arrêt total de la production de CFC pour l'an 2000. Il a également été amendé en 1995 à Vienne, en 1997 à Montréal et en 1999 à Beijing.

Le protocole de Montréal

Depuis le 16 septembre 2009, le protocole de Montréal est ratifié par l'ensemble des 196 membres de l'ONU.
Le protocole vise à protèger la couche d'ozone des dommages occasionnés par certaines substances chimiques industrielles connues sous le nom de Substances Appauvrissant l'Ozone (SAO). Le protocole a progressivement interdit la production de réfrigérants et de solvants contenant des chlorofluorocarbones (CFC), ainsi que la fabrication d'extincteurs contenant des halons. Il a fixé un calendrier précis aux fins de l'élimination progressive d'autres substances nocives telles que les hydrochlorofluorocarbones (HCFC) et le bromure de méthyle.
Au total, 8 SAO sont réglementées par le protocole de Monréal :

- Chlorofluorocarbures (CFC)
- Tétrachlorure de carbone (CCI4)
- Halons
- 1,1,1 - Trichloroéthane (C2H3CI3)
- Bromure de méthyle (CH3Br)
- Hydrochlorofluorocarbures (HCFC)
- Hydrobromofluorocarbures (HBFC)
- Bromochlorométhane (BCM)

Les résultats de l'application du protocole de Montréal

Suite au protocole, à ses amendements et à l'arrêt total de la production de CFC depuis 1994, les concentrations de produits appauvrissant l'ozone dans la basse atmosphère (la troposphère) ont atteint leur point culminant en 1995 et sont depuis en baisse dans la troposphère et la stratosphère. Les scientifiques estiment que les gaz ont atteint leur pic de concentration dans la stratosphère antarctique en 2001.
Les CFC sont remplacés progressivement par d'autres gaz moins nocifs comme les hydrochlorofluorocarbures ou HCFC et hydrofluorocarbures ou HFC. Pour autant, l'abandon de toute substance chlorée et fluorée devra s'échelonner jusqu'en 2030 (IFEN, 2002).

Les substituts de première génération : les hydrochlorofluorocarbures (HCFC)

Ces composés (HCFC-22, HCFC-141, HCFC-142b) ont une durée de vie limitée à quelques dizaines d'années dans l'atmopshère. Cependant, ils contiennent encore du chlore qui contribue, certes plus modestement, à la diminution de la couche d'ozone.
Le HCFC-22 est le plus utilisé et ses concentrations ont progressé plus d'une fois et demie plus vite en 2007-2008 qu'en 2003-2004.

Suite à l'interdiction des CFC, les HCFC ont été massivement employés, ce qui a conduit, en 2007, à un accord visant à accélérer l'élimination des HCFC contenus généralement dans les systèmes de climatisation. En effet, "Les HCFC sont à la fois des substances qui appauvrissent la couche d'ozone et de puissants gaz à effet de serre : le plus utilisé est 2 000 fois plus puissant que le dioxyde de carbone du point de vue du réchauffement de la planète" a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies M. Ban Ki-moon.

C'est pourquoi, leur production mondiale s'arrêtera en 2029. Au niveau de l'Union Européenne, leur utilisation est déjà restreintre et leur fabrication sera interdite en 2015.

Les substituts de deuxième génération : les hydrofluorocarbures (HFC)

Ces HFC (HFC-23, HFC-32, HFC-134a) ne contiennent pas de chlore, ils ne participent donc pas à la destruction de l'ozone atmopshérique.

Par contre, leur utilisation nécessite la construction de nouveaux équipements industriels.

Environnement - Page 2 Photo10

L'Union européenne a progressivement éliminé plus de 99 % de sa production de SAO, grâce à la participation proactive du secteur industriel et à une stricte application de la législation communautaire relative aux SAO par la Commission et les États membres. À compter de 2010, des restrictions supplémentaires concernant les SAO entreront en vigueur au niveau de l'UE (UE; 09/2009).

L'adoption rapide du protocole de Montréal et la mobilisation unanime des pays producteurs de CFC est sans doute l'exemple le plus encourageant de notre capacité à nous mobiliser contre une atteinte grave à notre support de vie. Cependant, sur cette question, le consensus scientifique était sans équivoque, les conséquences clairement identifiées et les pays impliqués peu nombreux ; ce qui n'est pas le cas du changement climatique.

La résorption du trou réduit l'effet de serre

En diminuant notablement les concentrations en CFC, le protocole de Montréal a permis aussi d'atténuer l'effet de serre. En effet, les CFC sont aussi de puissants gaz à effet de serre. Grâce au protocole de Montréal, leur concentration sera en 2010 moitié moins importante qu'en l'absence de traité. Ainsi, c'est environ 11 Gt éqCo2 par an qui seront évités (OMM, 11/2008).

Toutefois, les SAO sont de plus en plus remplacées par des hydrofluorocarbones (HFC), dont le potentiel de réchauffement planétaire est jusqu'à 14 800 fois plus élevé que celui du dioxyde de carbone, le principal gaz à effet de serre.
C'est pourquoi, en juillet 2009, les parties au protocole de Montréal ont engagé des discussions sur une proposition visant à limiter et à réduire la consommation mondiale de HFC.

Et demain ?

Il y a peu, les scientifiques considéraient que le trou dans la couche d'ozone devait se résorber totalement dans environ cinquante ans. Cependant, un nouveau rapport d'évaluation scientifique publié en août 2006 par l'Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations Unies pour l'environnement, indique que "la couche d'ozone situé au-dessus des latitudes moyennes, devrait se reconstituer d'ici à 2049, soit cinq ans plus tard que ne le laissait entendre la précédente évaluation (2002). Enfin, au-dessus de l'Antarctique, la reconstitution de la couche d'ozone ne devrait pas intervenir avant 2065, c'est-à-dire 15 ans plus tard que prévu."

La concentration de gaz nocifs pour la couche d'ozone a atteint son pic dans la stratosphère antarctique aux alentours de l'an 2000. Actuellement, elle diminue lentement, au rythme annuel de 1 % environ selon l'OMM.

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MessageSujet: Re: Environnement Environnement - Page 2 2110Ven 27 Jan - 11:36

La déforestation : causes et conséquences

Environnement - Page 2 Birman10

Les forêts, sont des formations végétales indispensables à la vie sur Terre. Ce sont des sources de nourriture, de refuge, de combustibles, de vêtements et médicaments pour de nombreuses populations. Ainsi, selon la FAO, 60 millions de peuples indigènes dépendent presque entièrement des forêts ; 300 millions de personnes vivent dans ou aux alentours des forêts et plus de 1,6 milliard de personnes dépendent à divers degrés des forêts pour vivre !

De plus, les forêts abritent de nombreux "points chauds" de biodiversité et jouent un rôle prépondérant dans la fixation du CO2 que nous émettons massivement et qui perturbe dangereusement notre climat : 40% du carbone terrestre est stocké dans la végétation et les sols des forêts.

D'après les conclusions d'une enquête mondiale par télédétection, la superficie totale des forêts du monde totalisait 3,69 milliards d'hectares en 2005, soit 30 pour cent de la superficie mondiale (FAO, 12/2011). Malheureusement, selon le World Resources Institute, 80% de la couverture forestière mondiale originelle à été abattue ou dégradée, essentiellement au cours des 30 dernières années.

La déforestation s'accélère

De 1990 à 2000, plus de 14,2 millions d'hectares de forêts ont disparu avec des conséquences quasi irréversibles à notre échelle. Cette tendance s'est alourdie puisque de 2000 à 2005, 15,2 millions d'hectares de forêt ont été détruits, soit l'équivalent de 40 terrains de football par minute (FAO, 12/2011).

Heureusement, ces pertes sont en partie compensés par le reboisement. Ainsi, la perte nette de superficies boisées fut de 4,9 millions d'hectares par an de 1990 à 2000, contre 6,4 millions d'hectares par an dans les années 1990.

Malheureusement le déclin s'accélère et la reforestation ne peut compenser, dans un temps court, les pertes d'espèces qui vivaient dans les forêts défrichées. De plus, le reboisement volontaire masque trop souvent la plantation d'espèces qui ne sont pas adaptées à leur milieu ou qui ne favorisent pas une biodiversité riche.

Environnement - Page 2 Defore10

La déforestation est une catastrophe aussi bien pour l'Homme que pour les autres espèces puisque on estime que 27 000 espèces animales et végétales disparaissent chaque année à cause d'elle. La deforestation touche toutes les forêts tropicales, en particulier en Amazonie, en Afrique équatoriale et en Asie du Sud-Est.

Le déboisement détruit également les sols, rendant les terres improductives, particulièrement en zones tropicales et les exposant au lessivage source d'inondations. De plus, les forêts jouent un rôle essentiel dans le cycle de l'eau, qu'elles stockent et régulent.

Les principales causes de la déforestation

L'expansion agricole est la principale cause de déboisement dans le monde : les plantations de palmiers à huile, le développement des cultures pour l'élevage industriel, l'exploitation minière de métaux et de minéraux précieux constituent des causes majeures de déboisement.
Beaucoup de petits agriculteurs pauvres et itinérants, participent aussi à la déforestation : ils défrichent et brûlent la forêt pour ensemencer de petites parcelles de terres.

Ainsi, au Brésil, les forêts primaires sont détruites pour cultiver le soja qui alimente notre bétail et la canne à sucre pour produire du bioéthanol, tandis qu'en Indonésie, elles sont rasées pour l'huile de palme qui inonde déjà les produits de nos supermarchés et pourrait bientôt alimenter nos voitures.

Enfin, l'extraction du pétrole et du gaz y joue aussi un rôle puisque de vastes étendues de forêt sont régulièrement endommagées par les forages et la pose de pipelines, sans parler des fuites régulières de pétrole ou l'exploitation des sables bitumineux...

L'exploitation illégale du bois joue également un rôle important dans la déforestation. Et l'Europe a une forte responsabilité dans cette dégradation puisque près d'un quart de ses importations de bois sont présumées d'origine illégale. La France quant à elle importerait 39 % de bois tropicaux d'origine illégale selon le WWF.
La France est un acteur majeur dans la déforestation tropicale humide primaire notamment en Afrique centrale et en Afrique de l'Ouest (F. Hallé)

La déforestation participe fortement au réchauffement climatique

Avec 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, la déforestation est le troisième poste émetteur après l'approvisionnement énergétique et l'industrie. 70 % des émissions proviennent du Brésil et 80 % de l'Indonésie.

Puits et source de carbone

En 2005, les forêts couvraient 30% de la surface terrestre et renfermaient plus de la moitié du carbone accumulé par les écosystèmes terrestres, soit plus de mille milliards de tonnes de carbone. Toutes les forêts sont des réservoirs de carbone : elles retiennent le carbone à la fois dans la biomasse vivante et morte, dans les matières organiques en décomposition et dans les sols.

Ce sont les processus de photosynthèse, de respiration, de transpiration, de décomposition et de combustion qui entretiennent la circulation naturelle du carbone entre la forêt et l'atmosphère. Ce mode de fonctionnement dynamique des écosystèmes forestiers leur permet de recycler le carbone. Ils jouent donc un rôle important dans le cycle mondial du carbone : lorsque le stock de carbone augmente, le flux net de l'atmosphère vers l'écosystème forestier est positif et on parle alors de puits de carbone ; dans l'autre sens, on parle de source de carbone.

Le stock de carbone des forêts diminue

Des quantités considérables de carbone ont été libérées en raison de la déforestation opérée depuis des siècles aux latitudes moyennes et élevées, et dans la dernière partie du XXe siècle dans les régions tropicales. Il est donc vital de continuer à stocker le carbone et d'empêcher sa libération dans l'atmosphère si l'on veut lutter efficacement contre le réchauffement climatique.

Le bilan global de la forêt mondiale présente une capacité nette de stockage de 0,7 milliard de tonnes de carbone (MtC) par an, soit +2,3 MtC fixé par la biosphère continentale et -1,6 MtC émis par déforestation. Il n'est cependant pas sûr que ce niveau d'absorption se maintienne dans le futur.

Actuellement, il semble que l'augmentation de la concentration en dioxyde de carbone et de dépôt azoté dans l'atmosphère conduise à augmenter la productivité des forêts en termes d'absorption.
Cependant, les experts du GIEC s'accordent sur un diagnostic inquiétant des impacts à venir du réchauffement climatique : à partir de +2°C, les écosystèmes terrestres risquent de relâcher plus de gaz à effet de serre dans l'atmosphère qu'ils n'en stockeront.

Le REDD :Réduction des Emissions liées à la Déforestation et à la Dégradation des forêts

Le REDD a pour objet de rendre la conservation et la protection des forêts plus rentable que la poursuite de leur dégradation. Ce mécanisme d'incitation financière est en cours d'élaboration sous l'égide de l'ONU, il devrait être mis en place seulement en 2020. Toutefois, un REDD+ pourrait intervenir plus rapidement suite à l'accord de Copenhague.

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MessageSujet: Re: Environnement Environnement - Page 2 2110Ven 27 Jan - 11:42

L'eau

Elément essentiel pour le développement de la vie

Environnement - Page 2 Eau_ri10

L'eau représente 70% du poids de l'adulte et 80% du poids de l'enfant. Une perte de 10% entraîne des troubles graves, voire la mort, si ce pourcentage atteint 20%.
La croissance démographique est la pression la plus importante sur la ressource en eau, pourtant le thème de l'eau ne retient pas suffisamment l'attention des institutions internationales : elle n'est pas représentée par un organisme spécifique.

La pollution de l'eau

Dans de nombreux pays en développement, de 80 à 90 pour cent des eaux usées déversées sur les côtes sont des effluents bruts, c'est à dire des rejets qui n'ont pas été traités. La pollution, liée à une démographie galopante dans les zones côtières et à des infrastructures d'assainissement et de traitement des déchets inadéquates, constitue une menace pour la santé publique, les espèces sauvages ainsi que pour les sources de revenu comme la pêche et le tourisme.

La mauvaise gestion de l'eau

Bien qu'elles soient réparties de manière inégale, les ressources en eau douce sont loin de manquer à l'échelle de notre planète.
Pourtant, du fait de la mauvaise gestion, de moyens limités et des changements environnementaux, quasiment un habitant de la planète sur cinq n'a toujours pas accès à l'eau potable et 40% de la population mondiale ne disposent pas d'un service d'assainissement de base, indique le deuxième Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau.
Le manque d'accès à l'eau potable et à l'assainissement tue 8 millions d'êtres humains chaque année et représente à ce titre la première cause de mortalité dans le monde, un défi majeur et crucial pour l'humanité.
C'est peu connu mais l'eau transite via les importations de fruits et légumes qui en contiennent, on parle alors d'eau virtuelle, cela représente la moitié de la consommation en eau des pays importateurs !

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MessageSujet: Re: Environnement Environnement - Page 2 2110Ven 27 Jan - 11:48

La qualité de l'eau

Environnement - Page 2 Sortie10

La qualité de l'eau est un paramètre important qui touche à tous les aspects du bien-être des écosystèmes et de l'homme tels que la santé d'une communauté, les denrées alimentaires à produire, les activités économiques, la santé des écosystèmes et la biodiversité. En conséquence, la qualité de l'eau a également une influence sur la détermination des niveaux de pauvreté, de richesse et d'éducation de l'homme.

Vue sous l'angle de la gestion, la qualité de l'eau est déterminée par l'utilisation finale qui en est souhaitée. En conséquence, l'eau destinée aux loisirs, à la pêche, à la boisson et à l'habitat des organismes aquatiques exige des niveaux de pureté plus élevés tandis que pour celle consacrée à la production d'énergie hydraulique les normes de qualité sont beaucoup moins importantes. C'est la raison pour laquelle la qualité de l'eau est définie largement comme les « caractéristiques physiques, chimiques et biologiques de l'eau nécessaires pour les utilisations qui en sont souhaitées » (UN/ECE 1995). Il convient de remarquer qu'après avoir été utilisée, l'eau retourne généralement au système hydrologique et, si elle n'est pas traitée, elle peut avoir de graves effets sur l'environnement.

La pollution de l'eau est de plusieurs types. Elle est physique (limpidité altérée, température modifiée), chimique (nitrates, métaux et autres micropolluants), organique (entraînant une surconsommation d'oxygène indispensable à la vie aquatique) et microbiologique avec l'introduction de germes pathogènes (bactéries, virus, parasites).

L'état de la qualité de l'eau sur notre planète

Voici quelques faits et chiffres sur la qualité de l'eau :

Plus de 80% des égouts des pays en voie de développement se déversent sans traitement, polluant les rivières, les lacs et les zones côtières.

De nombreuses industries – certaines connues pour être très polluantes (comme le tannage des peaux ou la chimie)- sont délocalisées des pays à hauts revenus vers les économies de marché émergentes.

Bien que les populations rurales en Asie doivent rester stables, selon les estimations, pour les 20 prochaines années, les populations urbaines vont certainement augmenter de 60% avant 2025, ce qui entraine des perspectives de pénurie d'eau.

Globalement, le problème de qualité de l'eau le plus préoccupant est l'eutrophisation, résultat d'une forte concentration en nutriments (principalement phosphore et nitrogène), ce qui réduit significativement les utilisations utiles de l'eau.

Aujourd'hui, près de 70 millions d'habitants au Bangladesh sont exposés à de l'eau contenant plus que la limite de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) de 10 microgrammes d'arsenic par litre. Près de la moitié des 10 millions de puits, selon les estimations, du Bangladesh pourrait être contaminés à l'arsenic.X
La pollution naturelle à l'arsenic de l'eau potable est maintenant considérée comme une menace globale affectant près de 140 millions de gens dans 70 pays, sur tous les continents.

Une étude récente sur l'eau potable en France a estimé que plus de 3 millions de personnes (5,8% de la population) sont exposés à une qualité d'eau non conforme aux standards de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) (Pour les nitrates, une non-conformité était relevée dans 97% des échantillons d'eau souterraine).

La qualité de l'eau baisse partout dans le monde en raison surtout des activités de l'homme :

La croissance démographique toujours plus forte, l'urbanisation rapide, le rejet de nouveaux organismes pathogènes et de nouveaux produits chimiques provenant des industries et d'espèces invasives sont les principaux facteurs qui contribuent à la détérioration de la qualité de l'eau. De plus, les changements climatiques porteront aussi atteinte à la qualité de l'eau.
Le manque de données sur la qualité de l'eau et l'absence de contrôle au niveau mondial de même que le manque de connaissances sur l'impact potentiel des polluants naturels et anthropogéniques sur l'environnement et la qualité de l'eau sont les principaux dangers. Le fait que de nombreux pays n'aient pas fait de la qualité de l'eau une de leurs priorités a eu pour résultat une diminution des ressources allouées à ce secteur, la faiblesse des institutions et un manque de coordination pour traiter les problèmes de qualité de l'eau.

La croissance démographique, l'urbanisation et la production industrielle affectent la qualité de l'eau

La qualité de l'eau se détériore lorsque les infrastructures existantes de traitement des eaux municipales et industrielles et/ou d'assainissement sont surchargées, qu'il n'existe pas d'infrastructures appropriées ou que celles qui existent sont archaïques et que les déchets et les eaux usées sont déversés directement dans l'environnement d'où ils passent dans les eaux de surface ou souterraines. L'amélioration et l'expansion des infrastructures peuvent être très coûteuses et, de ce fait, elles ne suivent généralement pas le rythme du développement rapide. La gestion des eaux usées apparaît donc comme un nouveau problème mondial majeur. De plus, la production agricole et industrielle est à l'origine de nouveaux problèmes de pollution qui sont devenus l'un des plus grands défis pour les ressources hydrologiques de nombreuses parties du monde.

Différentes causes sont à l'origine de l'altération de la qualité de l'eau : charge organique (par exemple eaux usées), organismes pathogènes, notamment présence de virus dans les flux de déchets provenant des êtres humains et des animaux domestiques, ruissellement dans le domaine de l'agriculture et déchets humains chargés de nutriments (par exemple nitrates et phosphates) qui provoquent l'eutrophisation et la désoxygénation des voies fluviales, salinisation due à l'irrigation et aux dérivations de l'eau, métaux lourds, pollution par les hydrocarbures, les produits chimiques de synthèse et les polluants persistants (par exemple matières plastiques et pesticides), résidus de produits pharmaceutiques, hormones mimétiques et leurs sous-produits, pollution radioactive et même pollution thermique provenant de la libération des eaux de refroidissement d'installations industrielles et de réservoirs.

La dégradation de la qualité de l'eau peut avoir pour résultat la détérioration du fonctionnement des écosystèmes et conduire à des changements brusques et non linéaires. Une fois certains seuils dépassés, le système peut passer à un état tout à fait différent et s'effondrer. Ainsi, une charge excessive de nutriments dans les eaux douces et les écosystèmes côtiers peut provoquer des changements brusques et considérables, conduisant éventuellement à des floraisons d'algues et à un appauvrissement en oxygène qui rend pratiquement impossible la vie animale.

Les changements climatiques et la qualité de l'eau

Les changements climatiques et en particulier la hausse des températures et les changements des schémas hydrologiques tels que sécheresses et inondations auront une incidence sur la qualité de l'eau et exacerberont sa pollution provenant de sédiments, de nutriments, de carbone organique dissous, d'agents pathogènes, de pesticides et de sel, de même que de la pollution thermique. En outre, l'élévation du niveau de la mer devrait provoquer une extension des zones de salinité des eaux souterraines et des estuaires et, partant, avoir une incidence sur la disponibilité d'eau douce pour les êtres humains et les écosystèmes dans les zones côtières.

Les connaissances sur les incidences du changement climatique sur l'eau, en particulier sa qualité, sont encore très lacunaires. Bien que des données d'observation soient indispensables pour adapter la gestion, il y a moins de réseaux d'observation. Il est nécessaire d'arriver à mieux comprendre et modéliser les changements climatiques en ce qui concerne le cycle hydrologique de façon à faciliter la prise de décision. Les informations concernant les impacts des changements climatiques liés à l'eau sont inadéquates, en particulier pour ce qui est de la qualité de l'eau, des écosystèmes aquatiques et des eaux souterraines.

Maintenir la qualité de l'eau, traiter et purifier l'eau

La prévention devrait être l'option préférée aussi bien en termes de viabilité que d'investissement et d'accessibilité économique. La prévention de la pollution de l'eau doit donc être la première des priorités pour préserver la qualité de l'eau. Les deux autres options sont le traitement et la restauration. Si, dans certains cas, le traitement s'impose dans des environnements naturels en raison de la contamination (pollution causée par des influences environnementales, par exemple l'arsenic), il devient habituellement plus complexe lorsqu'il s'agit de pollution due à des activités humaines.

Enfin, la restauration de la qualité de l'eau qui s'est détériorée est habituellement onéreuse et plus coûteuse que la prévention puisque la remise en état d'un écosystème dégradé signifie en fait qu'il faut rétablir l'environnement naturel d'origine dans toute sa complexité.

La purification de l'eau est un service que fournissent les écosystèmes par le biais du recyclage des nutriments, du piégeage du limon et de la décomposition des déchets. Ainsi, les zones humides peuvent filtrer une grande quantité de nutriments et de substances toxiques. Par ailleurs, les écosystèmes eux-mêmes dépendent de la qualité adéquate de l'eau.

La qualité de l'eau influence la santé humaine

Une bonne qualité de l'eau est indispensable pour garantir un environnement sain et la bonne santé des êtres humains. En ce qui concerne la boisson et l'assainissement, les besoins par personne et par jour sont essentiellement de 20 à 40 litres d'eau ne contenant pas d'éléments polluants ni d'agents pathogènes dangereux et ils passent à 50 litres si l'on prend en compte les besoins pour la toilette et la cuisine.

Toutefois, dans de nombreux pays, la quantité d'eau nécessaire quotidiennement pour la boisson et l'assainissement n'a pas la qualité requise. Les pays en développement qui connaissent une urbanisation rapide souffrent d'un manque d'installations d'épuration des eaux usées avec pour résultat la contamination de l'eau potable qui devient ainsi une des principales causes de maladie (avec les répercussions qui s'ensuivent sur la pauvreté et l'éducation) et de décès.
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), chaque année 4 milliards de cas de diarrhée en plus des millions d'autres cas de maladies sont liés à un manque d'accès à de l'eau propre à la consommation humaine. Chaque année, il y a 1,7 million de personnes qui meurent à la suite de diarrhées, la plupart étant des enfants âgés de moins de cinq ans. La santé humaine est gravement touchée par les maladies liées à l'eau (maladies à transmission hydrique, et infections transmises par des vecteurs liés à l'eau) de même que par la pollution due à des rejets de produits chimiques dans l'eau.

Malgré l'amélioration progressive de la fourniture de services d'assainissement depuis 1990, la fourniture d'eau salubre et de services d'assainissement à de grandes parties de la population humaine reste un problème. Aujourd'hui, 1,1 milliard de personnes dans le monde n'ont pas encore accès à un meilleur approvisionnement en eau et plus de 2,6 milliards à un meilleur assainissement. C'est en Afrique subsaharienne, puis dans une moindre mesure en Asie occidentale et en Eurasie, que les lacunes sont les plus importantes. Il y a eu beaucoup moins d'améliorations de l'assainissement dans les zones rurales que dans les zones urbaines et il y a même eu une baisse de l'offre de services d'assainissement dans les zones rurales d'Océanie et de l'ancienne Union Soviétique.

Les accords internationaux sur la qualité de l'eau

Il n'existe pas d'accords environnementaux contraignants à l'échelon mondial qui obligent les Etats à protéger les ressources en eau contre la pollution car c'est avant tout une responsabilité des gouvernements nationaux. La Convention des Nations Unies de 1997 sur le droit relatif aux utilisations des cours d'eau internationaux à des fins autres que la navigation qui prévoit que les cours d'eau internationaux seront utilisés en équilibrant les intérêts des Etats concernés et la protection adéquate des cours d'eau, n'est pas encore entrée en vigueur. Toutefois, l'importance de la protection des ressources en eau douce a été reconnue dans des instruments internationaux non contraignants tels qu'Action 21, adoptée en 1992 par la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement. Le chapitre 18 d'Action 21 sur la protection des ressources en eau douce et de leur qualité : application d'approches intégrées de la mise en valeur, de la gestion et de l'utilisation des ressources en eau, en particulier, énonce que son objectif général est de « veiller à ce que l'ensemble de la population de la planète dispose en permanence d'approvisionnements suffisants en eau de bonne qualité, tout en préservant les fonctions hydrologiques, biologiques et chimiques des écosystèmes, en adaptant les activités humaines à la capacité limitée de la nature et en luttant contre les vecteurs de maladies liées à l'eau ».

En ce qui concerne les ressources en eaux souterraines, en décembre 2008, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution A/RES/63/124 sur le « droit des aquifères transfrontières ». Par cette résolution, l'Assemblée générale des Nations Unies encourage les Etats aquifères à conclure des accords bilatéraux ou régionaux appropriés pour gérer convenablement leurs aquifères transfrontières en tenant compte des dispositions du projet d'articles » figurant en annexe.

Au niveau régional, un certain nombre d'accords portent sur la question de la qualité de l'eau. La Convention de la Commission économique pour l'Europe de l'Organisation des Nations Unies sur la protection et l'utilisation des cours d'eau transfrontaliers et des lacs internationaux (1992) et le Protocole révisé de 2000 sur les réseaux hydrographiques partagés de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) revêtent une importance particulière.

L'Union européenne a créé un cadre de mesures communautaires dans le domaine de la politique de l'eau dans la Directive cadre européenne sur l'eau (Directive 2000/60/EC du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2000). Cette directive a essentiellement pour but de prévenir une plus grande détérioration de l'eau et de mettre en oeuvre les mesures nécessaires pour atteindre un « bon état de l'eau » dans toutes les eaux de l'UE d'ici à 2015. Les critères de détermination de ce qui constitue un « bon » état de l'eau sont évalués sur la base de facteurs qualitatifs et quantitatifs détaillés, comme abondance de la flore et de la faune aquatiques, degré de salinité, quantité et dynamique du courant d'eau, concentration de nutriments, etc. Des prescriptions spécifiques s'appliquent notamment à l'eau potable, à la pollution et à la gestion des aquifères.

Un grand nombre d'accords concernant des bassins fluviaux et des lacs spécifiques ont été conclus par les pays riverains concernés en vue d'établir un cadre institutionnel et juridique pour gérer conjointement et utiliser durablement des ressources partagées, par exemple la Commission internationale conjointe du Canada et des Etats-Unis.

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MessageSujet: Re: Environnement Environnement - Page 2 2110Ven 27 Jan - 11:54

Les contaminants chimiques de l'eau

Environnement - Page 2 Pollue10

Plus de 60 millions de substances organiques et inorganiques ont été répertoriées au Registre de la Société américaine de chimie, la base de données la plus à jour et la plus exhaustive sur les produits chimiques du monde entier. Chaque jour, 12 000 nouveaux produits chimiques arrivent sur le marché. Dans cet univers en constante expansion, plus de 49 millions de produits chimiques sont commercialisés, dont moins d'1% sont inventoriés ou soumis à règlement. La durée de vie de ces composés chimiques s'étend bien au-delà de l'usage auquel ils étaient destinés à l'origine. Bon nombre d'entre eux pénètrent dans le sol, l'air, les rivières et la mer. En outre, les premières conclusions de recherches récentes indiquent que beaucoup de produits chimiques qui n'avaient pas jusqu'ici été considérés comme des contaminants, tels que les produits pharmaceutiques, sont aujourd'hui présents dans l'eau et l'ensemble de l'environnement. De sorte que les êtres humains et les écosystèmes sont exposés en continu à ces contaminants invisibles. Quelle est l'ampleur du problème et quelle menace font-ils réellement peser sur notre santé et sur les écosystèmes ?

Au cours du siècle dernier, l'industrie chimique s'est progressivement détournée des processus de la chimie lourde au profit de la chimie organique. À ses débuts, cette dernière faisait appel au carbone et autres substances produites par des organismes vivants, mais elle a étendu ses activités à des substances de synthèse et artificielles telles que les matières plastiques et les médicaments. Les progrès extraordinaires obtenus dans la fabrication des médicaments et autres procédés industriels ont permis d'éliminer certaines maladies et de rendre notre vie plus agréable. Mais ils ont aussi rendu nos sociétés trop dépendantes de technologies exigeant une myriade de composés chimiques qui envahissent tous les secteurs de l'économie et toutes les sphères de la vie.

Quels sont ces nouveaux contaminants chimiques ?

Les contaminants nouveaux et émergents comprennent une large gamme de produits chimiques utilisés dans la vie quotidienne. Ce sont par exemple les produits pharmaceutiques et de soins corporels, les pesticides, les produits chimiques industriels et domestiques, les métaux, les surfactants(1), et les solvants. Un grand nombre d'entre eux est toxique pour les êtres humains et les espèces animales aquatiques.

Parmi ces produits chimiques complexes, celui des perturbateurs endocriniens constitue un groupe important. Ils interfèrent avec le système endocrinien (hormonal) chez les humains et les animaux. Ces perturbateurs contiennent divers composants synthétiques utilisés comme ingrédients actifs dans les médicaments, mais aussi des hormones présentes dans les organismes tels que les phytoestrogènes (œstrogènes végétaux) et des mycoestrogènes (œstrogènes fongiques). Les composés perturbateurs du système endocrinien se retrouvent dans les pesticides, les produits chimiques industriels et les métaux lourds. On en trouve également dans certains médicaments tels que les phytoestrogènes utilisés pour lutter contre certains cancers, des maladies cardiovasculaires et neurologiques ainsi que l'ostéoporose chez les femmes ménopausées.
Les produits pharmaceutiques et de soins corporels tels que cosmétiques, shampoings et savons posent aussi problème. On a décelé dans les eaux usées et les rivières une variété de produits administrés aux hommes et aux animaux aux fins de traitement et de diagnostic, même si leur concentration était, dans certains cas, presque indécelable. Les produits les plus communément détectés sont notamment les antalgiques, la caféine, les antibiotiques, les médicaments contre le cholestérol et les antidépresseurs.

Les polluants organiques persistants ont été largement reconnus comme une menace pour la santé humaine et les écosystèmes. Ils sont utilisés comme pesticides ou ingrédients dans la fabrication de produits industriels tels que les solvants et les polychlorures de vinyle (PVC), les biphényls polychlorés (BPC) et les dioxines ainsi que deux pesticides interdits, le chlordane et le dichlorodiphenyltrichloroethane (DDT). Bien que toxique, le PVC se retrouve partout, car cette matière plastique très solide peut aussi bien servir à fabriquer des fenêtres et autres structures qu'être assouplie pour devenir vêtements, bateaux pneumatiques, tissus d'ameublement etc. Même après l'interdiction des BPC, du DDT et autres contaminants, leurs résidus restent présents dans l'environnement.

Comment parviennent-ils dans les plans d'eau ?

Les contaminants émergents sont présents, en concentration variable, dans les eaux municipales traitées et non traitées, les effluents industriels et le ruissellement agricole, qui s'infiltrent
dans les rivières, les lacs et les eaux côtières. Les eaux non traitées sont l'une des principales sources de produits pharmaceutiques et de perturbateurs endocriniens dans les eaux de
surface et les eaux souterraines.

La population peut être exposée à ces contaminants en buvant de l'eau, dans la mesure où les services de fourniture d'eau potable et d'assainissement ne sont pas conçus de manière à les éliminer systématiquement. Comme les eaux usées servent également à irriguer les cultures dans les régions à pénurie d'eau, leurs habitants peuvent être exposés à ces contaminants par le biais des produits agricoles qu'ils consomment.
Les contaminants peuvent également se frayer un chemin jusqu'à nos assiettes par la voie des fruits de mer et des poissons. Du fait que la plupart de ces produits chimiques complexes sont persistants et solubles dans les lipides, ils ont de fortes chances de durer longtemps dans le milieu aquatique en s'accumulant dans le tissu adipeux des poissons et autres animaux aquatiques. Les chercheurs ont découvert que la chair de certains poissons, qu'ils soient issus de la pisciculture ou de l'océan, contenait des composés organiques produits par l'homme. Des substances toxiques persistantes et des métaux lourds, comme le plomb, ont été trouvés dans des poissons et des fruits de mer provenant de lacs et de zones côtières du monde entier, comme les poissons et les moules de la Baltique, les eaux d'Asie du Sud-est et les Grands lacs situés entre les États-Unis et le Canada.

Quels sont leurs effets sur la santé humaine et l'écosystème ?

Il a été scientifiquement prouvé que de nombreux produits chimiques reconnus comme contaminants émergents sont susceptibles de provoquer des tumeurs cancéreuses, des malformations de naissance et des troubles du développement qui affectent la fertilité et les fonctions reproductives. Les perturbateurs endocriniens sont soupçonnés de provoquer l'infertilité et de dérégler le développement sexuel. Certaines études ont signalé des cas de féminisation de mâles et de masculinisation de femelles chez les humains comme chez les animaux.

Selon l'OMS, ces dernières décennies ont vu chuter le taux de fertilité masculine en raison d'une diminution de la numération du sperme humain chez de nombreuses populations. Des recherches complémentaires seront cependant nécessaires pour résoudre le problème de savoir s'il existe un lien direct entre les composés perturbateurs endocriniens dans l'environnement et l'infertilité masculine.

Des changements ont été observés dans la répartition des sexes de certaines espèces de perches dans les rivières européennes. Des poissons mâles en aval de stations d'épuration ont également produit des protéines femelles d'œufs dans des rivières du Royaume-Uni. Se pose aussi la question de savoir si la forte prévalence de maladies et de malformations chez les larves de poissons prélevés dans l'Atlantique du Nord-est est due à la pollution marine. Des études sont en cours pour déterminer s'il existe un lien de cause à effet entre l'obésité humaine et la présence de composés perturbateurs endocriniens dans les poissons et autres aliments : des hormones sont bien administrées aux bovins et à la volaille, par exemple, afin d'accélérer leur prise de poids.

En l'absence quasi-totale de connaissances sur les effets des résidus pharmaceutiques sur la faune aquatique sauvage, des études ont montré que les médicaments analgésiques, anti-inflammatoires et non stéroïdiens ainsi que les régulateurs du cholestérol peuvent être toxiques pour le phytoplancton, le zooplancton et les poissons, en raison de la durée de l'exposition de ces organismes à ces produits. Les antidépresseurs sont soupçonnés d'affecter le développement, la ponte et le comportement de certains crustacés et mollusques. Des études portant sur les effets d'un antidépresseur, la fluoxetine, ont montré que lorsqu'il est utilisé en grandes quantités sur les escargots de boue et les palourdes, leur ponte, leur période de reproduction et leur comportement changent, peut-être sous l'action de la fluoxetine sur la sérotonine, ce neurotransmetteur qui règle les processus de reproduction des mollusques.

Si les effets de certains contaminants émergents sur la santé de l'homme et des écosystèmes ont à peine commencé à être évalués, leur accumulation dans le milieu aquatique et l'organisme humain n'a pas du tout été étudiée.

Pourquoi les contaminants émergents ne sont-ils pas systématiquement surveillés ?

À l'heure actuelle, il n'est fait mention nulle part des contaminants émergents dans les directives sur l'eau et l'environnement, car ils ne sont pas considérés comme des polluants d'intérêt prioritaire. Il en découle que la surveillance continue des eaux usées et des eaux potables exclut ces contaminants de la liste des produits testés, alors même que la technologie le permettrait. De manière générale, la surveillance et les normes de qualité de l'eau se limitent à une poignée de paramètres physiques et chimiques tels que le pH, la température et la turbidité ainsi qu'aux principales « bactéries indicatives », à savoir les coliformes totaux, les coliformes fécaux, E. coli et les entérocoques.

Même si la technologie existe, il est coûteux, en temps et en argent, de tester et d'éliminer toute une gamme de ces composés complexes. Les techniques conventionnelles de traitement des eaux ne sont pas à la hauteur de cette tâche, bien que des techniques de pointe comme la filtration sur membranes, l'ultrafiltration, la nano-osmose et l'osmose inverse peuvent éliminer, du moins partiellement, certains produits chimiques perturbateurs endocriniens et composés pharmaceutiques encore actifs. La tâche est encore compliquée par la possibilité que des produits chimiques inconnus à ce jour puissent être présents dans l'eau.

Pour toutes ces raisons, on n'a pas encore pu évaluer dans quelle mesure les êtres humains sont exposés aux produits pharmaceutiques et chimiques par l'eau qu'ils boivent, en dépit des inquiétudes sur les effets à long terme ou les effets d'une exposition tout au long d'une vie, à des médicaments, même en faible concentration, notamment chez les fœtus, les enfants et les personnes de santé fragile. De même l'impact, sur les animaux en liberté et sur l'environnement, des perturbateurs endocriniens et autres produits chimiques industriels n'a pas été systématiquement évalué ou surveillé. Il existe aussi le problème inquiétant de l'exposition répétée aux antibiotiques qui pourrait, à terme, réduire leur efficacité dans la lutte contre les bactéries et les agents pathogènes, ce qui exigerait la mise au point d'une nouvelle génération d'antibiotiques

Que faut-il faire ?

Il est évident que des décisions politiques et des règlementations doivent être adoptées d'urgence afin de lutter contre la masse de produits chimiques qui polluent notre eau aujourd'hui
et de veiller à ce que la nouvelle génération de produits pharmaceutiques ne vienne pas s'y ajouter. Au vu des incertitudes scientifiques quant à l'impact des contaminants émergents sur la santé et l'environnement, il faut appliquer le principe de précaution et des techniques de bout de chaîne – encore que ces dernières soient moins efficaces que les mesures de prévention, en raison du coût financier de l'élimination des polluants une fois que ceux-ci ont pénétré dans l'eau.

La situation est surtout critique dans les pays en développement. En même temps que se développent des économies exploitant les technologies et que s'améliore le niveau de vie dans ces pays, s'y développent aussi la production et l'utilisation des produits chimiques. Les firmes industrielles du Nord, parmi lesquelles les industries chimiques, sont nombreuses à avoir déplacé leurs activités vers le Sud, où les risques liés à la chimie sont moins connus et la réglementation est moins contraignante – quand elle existe. De grandes quantités d'eaux insuffisamment traitées ou d'eaux usées non traitées par les municipalités, ainsi que d'effluents industriels sont déversées quotidiennement dans les eaux de surface et les zones côtières de ces pays.

Il faut par ailleurs que les politiques et les réglementations dépassent la question de l'eau pour s'attaquer aux sources de la pollution. Des mesures sont indispensables pour assurer en toute clarté, sécurité et viabilité la production, l'utilisation et l'élimination de tous les produits chimiques. Cela peut se faire par le recyclage des médicaments, l'investissement dans l'agriculture biologique ou par la vigilance sur le déversement de matériaux chimiques nocifs dans les plans d'eau, par exemple. L'emploi de produits chimiques particulièrement inquiétants devrait être rigoureusement limité par l'adoption du principe de substitution par des produits de remplacement plus sûrs, chaque fois qu'ils sont disponibles. En parallèle, les autorités ainsi que les consommateurs doivent avoir connaissance de ce qui est en leur pouvoir pour utiliser puis éliminer en toute sécurité les médicaments et les produits chimiques.

Les moyens d'action pratiques

Les autorités publiques peuvent :

sensibiliser les consommateurs quant aux risques pour la santé et l'environnement liés à l'abus de médicaments délivrés sans ordonnance, en cas de troubles mineurs et passagers.

prendre des dispositions pour que les pharmaciens délivrent la quantité de médicaments correspondant à la durée du traitement prescrit et non aux dimensions d'un conditionnement standard.

créer dans les pharmacies des points de dépôt des médicaments non utilisés et périmés afin d'encourager les consommateurs à les rapporter pour recyclage.

encourager l'utilisation généralisée de points de dépôt de piles, d'appareils électriques et autres objets en fin d'usage, à l'image de ce qui existe dans les pays développés.

promouvoir, dans la mesure du possible, le recours à des remèdes traditionnels et familiaux en tant qu'alternatives à des médicaments délivrés sans ordonnance et auto-prescrits, en cas de troubles mineurs.

mettre à la disposition des ménages des poubelles municipales distinctes pour les différents types de déchets afin de faciliter le recyclage du papier et du carton, du verre, des matières plastiques et du métal.

Les consommateurs peuvent :

emporter, pour faire leurs achats, un sac pliable et réutilisable afin d'éviter de rapporter chez eux des emballages à usage unique, en matière plastique, comme les sacs de supermarché et de boutiques.

réutiliser et recycler les objets à la maison.

rendre à la pharmacie locale, pour recyclage, les médicaments inutilisés et périmés.

déposer dans des points de collecte les piles, appareils électriques et autres objets en fin de course.

préférer les produits recyclés et étiquetés « écologiques » dans la mesure où ils existent et sont d'un prix abordable.

séparer chez eux leurs déchets de papier et carton, de verre, de matière plastique et de métal en vue de la collecte sélective.

Notes

Les surfactants améliorent la solubilité des produits dans l'eau ou l'huile, ou bien ils la réduisent, selon les besoins. Ils sont utilisés dans les détergents, les insecticides, les laxatifs, les peintures, les champoings, les spermicides, les dentifrices, etc.

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MessageSujet: Re: Environnement Environnement - Page 2 2110Ven 27 Jan - 12:21

Les marées noires : aperçu des responsabilités

Depuis quelques dizaines d'années, les gens sont nombreux à s'indigner et à protester contre la pollution incessante du littoral marin, qu'ils soient riverains, pêcheurs ou touristes... Devant un tel désastre écologique, ils montrent le nouveau visage de l'océan tel qu'il est devenu depuis une quarantaine d'années. Des journalistes de tous les bords montrent les images des plages polluées, d'oiseaux mazoutés et la peine générale des riverains.

Mais le terme "marées noires" est désormais rentré dans le rang de catastrophe habituelle, il n'est plus exeptionnel de voir des pétroliers se fendre en deux ou s'échouer, déverser leur cargaison gluante dans tous les océans du monde. Le bilan se retrouve partout, bien visible : toute la surface océane est marquée par la trace des nappes toxiques d'hydrocarbure. La mer souffre et meurt lentement, car le business des pétrodollars permet aux pays occidentaux de vivre en consommant de toute part du pétrole.

Qu'il aille dans nos voitures, qu'il serve à produire de l'énergie électrique, des vêtements ou des plastiques, des médicaments ou tout autre dérivé, le pétrole est un élément nécessaire à notre prospérité économique, mais nous le gaspillons. Qu'il soit brûlé pour finir dans l'atmosphère, contribuant au changement climatique, qu'il finisse dans la mer ou sur nos côtes, cette ressource est considérée comme pratiquement infinie, éternelle...

Les principaux accidents pétroliers

Depuis le naufrage de l'Erika en 1999 sur les côtes françaises, le monde à connu plus de 700 marées noires.

Environnement - Page 2 A19

Environnement - Page 2 B20

L'exemple de l'Erika

En premier lieu, nous parlerons de l'ERIKA, qui reste dans les mémoires françaises comme étant la dernière marée noire (sur)médiatisée du moment. Le 12 décembre 1999, on apprenait que ce pétrolier de taille moyenne coulait au large des cotes du finistère, qu'il fallait se préparer à de nouveaux déversements. La tempête créant des creux de 10 m avait soumis le bateau à de trop grosses contraintes et l'âge du tanker combiné à un mauvais entretien a finalement abouti à une rupture de sa coque, se fractionnant en deux parties.
Les premières nappes de fuel arrivent au moment des fêtes de Noël et se rappelèrent cruellement au souvenir des riverains. Sur 400 km de cotes, le plan Polmar est mis en place dans l'urgence et la panique des autorités. Puis au fur et à mesure que le temps passa, on s'interrogea sur les responsables de cette catastrophe, en même temps que tout le monde se demandait qui allait payer : d'abord le propriétaire qui ne se manifesta pas pendant 6 semaines, puis Totalfina qui apparut de plus en plus coupable, d'avoir affrété un navire poubelle, puis d'avoir caché la vérité sur sa cargaison toxique, et enfin le FIPOL, accusé de spolier les remboursements des victimes.

Les pavillons de complaisance

La catastrophe de l'ERIKA nous offre une ouverture sur le monde de la complaisance et des paradis fiscaux, sur le petit monde des armateurs millionnaires, peu enclins à débourser le moindre centime. D'abord comment ces pavillons de complaisance se sont implantés, souvent avec l'aval des pays "développés"? Le Liberia, Malte, Bermudes et Panama ne sont que les plus médiatisés de ces pays sans loi, sans couverture juridique ni fiscale.
La complaisance est aujourd'hui un moyen sûr de rentabiliser son navire, avec des coûts fiscaux bien moins importants, une déréglementation du travail qui permet aux esclavagistes de recruter dans des pays pauvres de "bons" employés, pour un travail de titan et une paye de misère. C'est également un moyen de faire circuler des épaves flottantes que beaucoup n'accepteraient pas, utilisant les bateaux jusqu'au naufrage, ce qui finit par créer une flotte de papi-pétroliers de 20 ans de moyenne d'âge.

Enfin, le plus grand avantage reste de pouvoir se déresponsabiliser en créant une société par navire, qui rend le propriétaire insolvable en cas de naufrage, et la création de multiples sociétés écrans, à l'image des circuits mafieux dans l'unique but de créer un voile sur les transactions financières entre les parties.

La sécurité maritime

Il est intéressant de comprendre également comment fonctionne la sécurité maritime, censée nous protéger de ces navires dangereux.

Tout d'abord, il y a les autorités portuaires du pays, qui peuvent à leur gré arrêter les bateaux qu'ils souhaitent, et réclamer des réparations à l'armateur. Ces autorités veillent sur les bateaux dans le but de protéger leurs côtes, et font de la prévention.
Malheureusement, comme en France, ces contrôles sont insuffisants, personne ne peut contrôler l'état de la coque sans mettre le bateau en cale sèche et bien souvent, il repart quand même, avec une promesse naïve de réparations qui ne se feront qu'avec l'agrément de l'armateur.
Ensuite, il y a les sociétés privées de classification. Elles garantissent l'état du navire et délivrent un certificat de navigabilité au bateau, après s'être assurés du bon état général. Le système a aussi ses failles, dans certains cas les experts peuvent se faire acheter le certificat, les réparations ne sont pas toujours effectuées selon les prescriptions (l'acier coûte cher) et puis surtout, comme les armateurs choisissent leur société de classification, il est possible pour eux d'en changer si leurs expertises sont trop agressives. Finalement, les bateaux sont dans un tel état que les normes sont obligées d'être rabaissées au minimum, pour qu'elles puissent mettre en conformité la majorité des bateaux.

Une instance internationale veille au bon déroulement des choses, il s'agit de l'OMI (organisation maritime internationale). Son pouvoir est résumé dans son budget, n'équivalant pas même l'achat d'un pétrolier neuf. Elle est régie par les états maritimes, à proportion du tonnage de la flotte nationale, donc par les pavillons de complaisance. Il n'y a rien à attendre d'elle tant que ce principe sera en place. Le Liberia, Panama ou Malte, trois pays représentant 40% de la flotte mondiale n'ont rien à faire de la sécurité maritime, leurs représentants sont souvent des cabinets d'avocats et non des marins.

Et l'affréteur...

Ce nouveau nom (qui traduit volontairement mal leur importance) que portent maintenant les sociétés transnationales du pétrole est expliqué par les crises pétrolières de 1976 et 1980. Avant les compagnies avaient leur flotte et le pétrole circulait dans leur navire. Le système n'était pas parfait mais au moins les bateaux étaient plus fiables, les marins expérimentés. Après ces crises, les compagnies doivent faire face à un dédain d'intérêt des états dans leur politique pétrolière. Ne sachant que faire de ces navires devenus inutiles, elles les vendirent à des armateurs indépendants. Depuis elles ont complètement laissé de coté le transport.

Quel est leur rôle dans le cycle du pétrole ? Elles occupent une place de choix, tout d'abord en s'appropriant les gisements aux quatre coins du monde, ce qui a pour conséquence immédiate la corruption des autorités politiques locales et la déportation des populations gênantes. Là-bas, elles n'ont pas le prestige qu'elles tentent de se donner chez nous et s'apparentent plus à des charognards prêts à tout pour le contrôle des ressources. Le pétrole est ensuite confié à l'armateur le moins cher, concurrence oblige en dépit des risques que cela implique, elles reposent leurs responsabilités sur eux seuls en cas de marée noire, comme dans le cas de l'ERIKA, ou Total a dit après le naufrage qu'il incombait à l'armateur seul de rembourser tous les dommages, irresponsabilité totale... Le raffinage du pétrole à la conception des différents produits est aussi de leur ressort, et la vente du produit essence se fait avec une belle marge. Les compagnies pétrolières sont donc les milliardaires du pétrole, pour exemple Totalfina réalisait en 1999 un bénéfice net de 60 milliards de francs, largement de quoi influencer...

Ainsi, nous nous appliquerons à démontrer que le système ne peut pas changer, car c'est un cycle ou le seul mot d'ordre est : faire des bénéfices.
Que ce soit l'armateur qui brade son bateau pour vivre, que ce soient les organismes de classification qui cherchent à avoir des clients, que ce soient les compagnies pétrolières qui n'échappent pas à cette règle, ou bien tout simplement l'état, qui en taxant sévèrement le carburant s'assure des recettes qui lui permet de redistribuer ailleurs. Il n'y a pas de solutions car le système tourne dans le vide : l'état ne peut se passer de ces taxes, les compagnies veulent survivre, et donc écraser leurs concurrents, elles n'ont pas d'autre choix que de vendre du pétrole sinon d'autres prendront leur place, et les armateurs doivent avoir des bateaux pour transporter ce pétrole.

Ainsi, on ne peut pas dire : fermez les pavillons de complaisance et achetez des bateaux neufs et plus sûrs. D'une part, il faudrait les construire, ces bateaux providentiels; d'autre part, ce ne serait que déplacer le problème d'une dizaine d'années, les double-coque ne sont pas la parade : un double coque mal entrenu n'est pas meilleur qu'un simple coque. Actuellement ils sont neufs et beaux mais ils peuvent devenir "explosifs" au bout de quinze ans.

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